Donne de bridge

jeudi 20 avril 2017

lundi 2 janvier 2017

Auberge de vendée

Auberge romaine, par Carl Heinrich Bloch, 1866 


J’ai porté au soleil mon nez et ma pipe de tabac, aimé l’art de l’ascète et la joie de l’ange, cherché le tempo exact de l’orchestre, chanté le ruisseau badin et, de choral en passion, les secondes de ce destin trop long.

Hôtel du congre debout et du bon coucher


Menu 

Le choix dans la date - Le doigt dans la chatte

Bouchée à la reine – Bourrée à la chaîne

Rillettes en fût – Fillettes en rut

Tourte de cailles – Courte de taille ou Tarte de couilles

Mouton bouillant – Bouton mouillant 

Le caneton à la russe – Le carton à l'anus

Les nouilles cuisant au jus de cane [1] – Les couilles nuisant au cul de Jeanne

Riz Condé – Con ridé

Jolies tranches dans le mou (la fine ou l'épaisse) – Jolies manches dans le trou (la pine ou les fesses)

Escalopes sur une belle salade – Escalade sur une belle salope

Goûtez nos farces ! – foutez nos garces

Veau de Nice – vit de noce

Blanquette de Québec – quéquette de blanc-bec

Côtes du cru – crottes du cul

Poire à la fine – Foire à la pine

Les "glacés du Mans" – Les massés du gland

Crème au goût de Mont-Blanc – Crème au bout de mon gland

Vieux marc très doux – Vieux dard très mou 



Jules Renard

dimanche 3 juillet 2016

jeudi 16 juin 2016

Led roi des Aulnes

 Le Roi des Aulnes, poème de Goethe
mis en musique par Franz Schubert, Orchestration de Max Reger
direction Claudio Abbado, chant Thomas Quasthoff 
(illustration de Moritz von Schwind)




Erlkönig

Wer reitet so spät durch Nacht und Wind ?
Es ist der Vater mit seinem Kind;
Er hat den Knaben wohl in dem Arm,
Er faßt ihn sicher, er hält ihn warm.

Mein Sohn, was birgst du so bang dein Gesicht ? -
Siehst Vater, du den Erlkönig nicht ?
Den Erlenkönig mit Kron und Schweif ? -
Mein Sohn, es ist ein Nebelstreif. -

»Du liebes Kind, komm, geh mit mir!
Gar schöne Spiele spiel ich mit dir;
Manch bunte Blumen sind an dem Strand,
Meine Mutter hat manch gülden Gewand.«

Mein Vater, mein Vater, und hörest du nicht,
Was Erlenkönig mir leise verspricht? -
Sei ruhig, bleibe ruhig, mein Kind;
In dürren Blättern säuselt der Wind. -

»Willst, feiner Knabe, du mit mir gehn?
Meine Töchter sollen dich warten schon;
Meine Töchter führen den nächtlichen Reihn
Und wiegen und tanzen und singen dich ein.«

Mein Vater, mein Vater, und siehst du nicht dort
Erlkönigs Töchter am düstern Ort? -
Mein Sohn, mein Sohn, ich seh es genau:
Es scheinen die alten Weiden so grau. -

»Ich liebe dich, mich reizt deine schöne Gestalt;
Und bist du nicht willig, so brauch ich Gewalt.«
Mein Vater, mein Vater, jetzt faßt er mich an!
Erlkönig hat mir ein Leids getan! -

Dem Vater grauset's, er reitet geschwind,
Er hält in den Armen das ächzende Kind,
Erreicht den Hof mit Mühe und Not;
In seinen Armen das Kind war tot.


audio.js



Jupiter et Antiope (détail), par Antoine Watteau 


Toi, avec ta douceur confuse et moi engourdi par la force, nous avons dormi côte à côte comme deux serpents sous la même écorce,
mon âme a dormi avec toi et t'a aimée sans un mot.
Toi, si petite, toi l'amie de toutes les choses petites de la terre, et moi qui, si j'étais monté dans la plus haute des plus hautes sphères, m'y sentirais encore captif et voudrais monter plus haut...
nous avons été mêlés comme la rive et la rivière,
nous avons été mêlés comme le cygne et l'eau.
Et maintenant, d'autres que moi pourront boire à cette tête chère.
D'autres hommes feront, tels les vents constellés, leurs souffles sur ton corps dormant comme sur une campagne tranquille.
D'autres hommes entreront en toi, avec leurs faces de damnés.
Je te garderai dans mes bras, et tu y seras éternellement immobile...




le poème récité par l'auteur 

Le Japon

Homme en armure, vers 1875, par Raimund von Stillfried


Rêve de laque et d'or, le Japon merveilleux,
Planète inaccessible, étonnement des yeux,
Brillait là-bas. Ce qu'il accomplissait naguère,
Aucun peuple n'a su ni ne saura le faire ;
C'était surnaturel à force d'être exquis ;
Son génie éclatait dans le moindre croquis.
Il avait sa façon de comprendre les choses ;
Les oiseaux, les poissons, l'arbre, les lotus roses.
La lune même, avaient des aspects inconnus
Dans son art fantastique et vrai pourtant. Corps nus, ou vêtus comme nul n'est vêtu sur la terre,
Les Japonais vivaient gaîment et sans mystère
Dans leurs maisons de bois aux cloisons de papier.
Nourris d'un peu de riz, exerçant un métier,
Ils travaillaient sans hâte, en riant ; leur envie
Se bornait simplement à jouir de la vie,
À cultiver des fleurs, à charmer leurs regards
Par tous ces bibelots qu'avaient créés leurs arts.
Ils poétisaient tout ; chez eux les hétaïres,
Adorables, étaient «marchandes de sourires».
De l'Extrême-Orient ils étaient l'Orient,
Et la Chine pour eux n'était que l'Occident.


Homme habillé à l'occidentale, vers 1875, par Raimund von Stillfried


Ils sont las d'être heureux ! Il leur faut l'Industrie,
Le labeur écrasant, la machine qui crie,
Siffle, obscurcit l'azur de ses noires vapeurs,
Nos costumes sans goût, sans formes, sans couleurs, notre vulgarité, nos chapeaux impossibles, nos pantalons, nos arts frelatés et nos bibles. Ils étaient jolis dans leurs habits japonais ;
Sous nos accoutrements ils veulent être laids.
Leurs femmes, d'élégance et de grâce prodiges,
Étaient comme des fleurs se penchant sur leurs tiges ; Elles pouvaient au monde imposer leurs atours, changer l'axe du beau, le thème des amours ! Mais telle qui traînait des robes de déesse
Avec nos falbalas n'est plus qu'une singesse.
C'en est fait ! du Japon il faut faire son deuil,
Tuer l'illusion et clouer son cercueil.
«L'Empire du Soleil Levant» n'est plus qu'un trope ;
C'est l'Extrême-Occident, le singe de l'Europe !  


Camille Saint-Saëns



Mélodies du Japon, de Camille Saint-Saëns

dimanche 1 mai 2016